Dépôt de bilan : Rebondissez !
6 février, 2008
Déposer le bilan de sa société n’est jamais un évènement agréable. Mais ce n’est pas une raison pour tout voir en noir. Mieux vaut le voir comme une expérience malheureuse qui vous rendra mieux armé pour un nouveau projet et qui vous permettra de vous refaire une santé, financière et morale. De plus, sachez que vous n’êtes pas les seuls à subir cette épreuve, puisque chaque année, 40 000 à 50 000 entreprises déposent leur bilan en France.
Le dépôt de bilan c’est évidemment un drame pour le responsable de l’entreprise, car bien souvent l’entourage professionnel ou personnel ne conçoit pas que prendre des risques, c’est effectivement risquer aussi d’échouer. Ne perdez pas confiance en vous et en vos idées, l’échec d’une fois ne vaut pas pour les prochaines fois…
Outre-Atlantique, d’ailleurs , le dépôt de bilan est fréquent et est considéré au contraire comme une expérience enrichissante. Pour exemple, Bill Gates a employé dans son état-major d’anciens managers de sociétés défaillantes, en expliquant ceci : ” Une entreprise a besoin de gens qui ont commis des erreurs et qui en ont tiré le maximum de leçons”.
Le dépot de bilan doit être perçu donc comme une expérience qui vous fera avancer, une épreuve qui vous fera grandir, car il y a de fortes chances pour que vous ne refassiez pas les mêmes erreurs dans une nouvelle société. Ceux qui ont encore et toujours envie d’entreprendre pourront trouver dans cet épisode malheureux de solides bases pour un nouveau départ. Voici quelques conseils pour rebondir efficacement :
L’autocritique
En tant que dirigeant de société, vous avez toujours votre part de responsabilité, même si un dépôt de bilan peut être dû en partie à un concours de circonstances extérieure. Des études montrent que les chefs d’entreprise qui ont su se livrer à une véritable autocritique sont ceux qui ensuite s’en sortent le mieux.
Convaincre les banquiers
L’un des principaux obstacles qui peut vous empêcher de recréer votre entreprise, c’est le refus des banquiers de vous accorder un ou des financements, voire de vous ouvrir un compte, pour cause de mauvaise cotation à la Banque de France.
Celle-ci ne côte pas seulement les entreprises, mais aussi, à titre personnel, leurs représentants légaux : présidents de directoire et de conseil d’administration de sociétés anonymes, gérants de SARL… La note attribuée repose exclusivement sur des faits juridiques : en cas de liquidation judiciaire, la Banque n’entre jamais dans l’analyse de ses motifs.
Voici les cotations précises de la Banque de France :
La cotation « 0 » s’offre à un chef d’entreprise pour qui il n’existe aucun élément ni observation défavorables. C’est la meilleure note.
La cotation « 4 » signifie que la personne concernée est le représentant légal d’une société mise en liquidation. Durée : cinq ans après le jugement prononçant cette dernière.
La cotation « 5 » dit que la personne a dirigé une société en liquidation et qu’elle a été condamnée par le tribunal à rembourser tout ou partie du passif sur ses biens personnels ; ou bien qu’elle a dirigé deux sociétés en liquidation non liées entre elles. Durée : cinq ans après le dernier jugement de liquidation.
La cotation « 6 » s’adresse à une personne ayant fait l’objet à titre personnel de sanctions judiciaires (faillite personnelle et/ou interdiction de gérer), ou ayant dirigé au moins trois sociétés en liquidation. Durée : Elle s’aligne sur le jugement du tribunal.
Et donc, la première chose que font les banquiers avant de vous accorder un financement, c’est de regarder comment vous êtes coté à la Banque de France. Et vous ne bénéficiez pas du fameux “0″, vous aurez vraiment à vous battre pour obtenir l’ouverture d’un compte de société, et plus encore des crédits.
Il faut accepter qu’une cotation 5 ou 6 soit quasiment rédhibitoire, mais avec une cotation 4, vous pouvez tenter soit de vous faire parrainer par un dirigeant bien côté ou par un actionnaire. Vous pouvez aussi prendre rendez-vous avec des directeurs d’agence, en apportant avec vous tous les documents concernant votre dépôt de bilan : décisions judiciaires, comptes de liquidation, etc. Si vous n’avez pas commis de fautes de gestion, que vous n’avez pas laissé de passif et que vous vous montrez suffisamment motivé et convaincant, une banque devrait logiquement accepter de vous ouvrir un compte et même de vous accorder un crédit.
Savoir attendre le bon moment
Des raisons autres que financières peuvent vous imposer d’attendre avant de relancer une nouvelle société. Elles peuvent être juridiques ou bancaires.
Premier cas, le tribunal vous a comdamné à rembourser personnellement tout ou partie du passif. Cette sanction ne vous empêchera pas en théorie de recréer ou de reprendre une nouvelle entreprise. Mais vous passerez automatiquement à une cotation personnelle auprès de la Banque de France de « 5 ». Et nous l’avons vu, avec une telle cotation, ouvrir un compte de société auprès d’une banque ou obtenir un financement sera quasiment impossible.
Deuxiéme hypothèse, certainement la plus contraignante pour un ex-dirigeant de société, c’est celle où en conséquence de la faillite de votre entreprise, une interdiction de gérer vous a été signifiée.
L’interdiction peut être totale : défense de diriger, gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, toute entreprise. Ou partielle : interdiction d’accéder à certains secteurs d’activité, ou de gérer une entreprise en direct, etc. En pratique, même si le dirigeant ne subit qu’une interdiction partielle de gérer, il lui est vivement conseiller d’attendre pour remonter une entreprise car pendant tout ce temps, il sera côté « 6 » à la Banque de France. Pour songer à recréer une société, vous devrez patienter suivant le verdict de la justice, de cinq à dix années.
