La transmission d’une entreprise familiale

20 mars, 2008

La transmission d’une entreprise familiale présente certaines spécificités qu’il est extrêmement important de bien connaître pour ne pas commettre d’impairs irréparables.

Le repreneur a très souvent gérer l’entreprise dans l’ombre du dirigeant, a acquis une expérience de”self made man” et doit reproduire le système de direction de son prédécesseur et père.

Pour comprendre la situation dans laquelle se trouvent patron et repreneur, il faut revenir à la situation classique d’une entreprise qui se transmet par vente à un repreneur externe.
La démarche engagée comprend grosso modo quatre étapes au cours desquelles l’acheteur et le vendeur vont ajuster leurs positions respectives.

- Prise de connaissance mutuelle.
- Evaluation globale de l’entreprise
- Négociation.
- Accord, règlement, et reprise.

Transposons maintenant ce schéma classique, et on comprend mieux à quelle situation se trouve confronté le repreneur héritier :

- Pour celui-ci, la première étape n’existe pas puisqu’il est de fait déjà dans l’entreprise.
- La deuxième étape n’existe pas non plus car “le repreneur héritier” n’a pas souvent l’envie, le pouvoir et les moyens de faire l’évaluation de l’entreprise.
- Quant à la négociation, elle n’existe pas entre donateur et donataire, surtout lorsqu’il y a des cohéritiers.
- Enfin, la reprise effective est un sujet presque tabou entre père et fils.

Le repreneur héritier se trouve alors dans une position inconfortable, où la notion de “devoir” envers le donateur prend une place importante.

LES PROBLEMES POSSIBLES 

Souvent le problème relève de la prise de conscience que doit avoir le chef d’entreprise de son rôle social et économique en tant qu’employeur. Il doit tout mettre en œuvre pour assurer la pérennité de l’outil de travail en cas d’accident, de maladie, décès ou lors d’un départ en retraite. Le patron, dans les PME, est un véritable chef d’orchestre : C’est lui qui maîtrise les données et les relations qui permettent à son entreprise de fonctionner correctement. On imagine les problèmes rencontrés lorsque ce chef d’entreprise vient à disparaître brutalement, emportant avec lui les clients, les fournisseurs et le savoir-faire.

Voilà pourquoi vous devez absolument prévoir. La transmission dans la vie de l’entreprise doit devenir un acte de gestion comme un autre. Il faut reconnaître que la complexité des règles de transmission d’une entreprise est une invitation permanente à remettre au lendemain cette problématique. Mais faites face car malheureusement pour vous, pour l’entreprise et pour les salariés, plus le temps passe et plus la transmission sera difficile au point qu’elle finira peut être par être impossible à réaliser.

Une entreprise qui ignore sa transmission cumulera forcément retard d’investissement et baisse de dynamique.

La durée excessive de cette phase perturbe l’interne, en entraînant généralement une démobilisation diffuse et durable des employés. Elle perturbe également l’externe, car la confiance des fournisseurs, des clients ainsi que celle plus générale de tous les partenaires habituels, s’amoindrit au fur et à mesure que tarde la décision.

C’est souvent une cause d’échec qui conduit à la faillite par une transmission élaborée à la hâte et de manière tardive.

Il faut donc préparer cette échéance le plus tôt possible, car il faut au moins 5 ans pour mettre en place un système de succession cohérent qui doit devenir une composante forte de la stratégie d’entreprise.

Si la transmission familiale interne n’est pas perçue comme une préoccupation puisque la solution existe, la pratique du terrain révèle toutes les difficultés d’ordre fiscal, juridique et financier rencontrées par les dirigeants au moment d’assurer leur succession.

S’ajoutent à ces problèmes le poids affectif et psychologique de la transmission dans un contexte familial et le fait établi que la plupart des repreneurs internes, qui travaillent dans l’entreprise depuis longtemps, maîtrisent parfaitement un métier technique ou commercial, mais que leur vision de spécialiste s’accommode mal avec les évolutions souvent imprévisibles du marché et de l’environnement, avec pour conséquence un frein au développement et un risque entraînant, à terme, la disparition de milliers d’emplois.

Vous l’avez compris, préparer correctement la transmission de son entreprise c’est préparer l’avenir car devenir patron pour l’héritier, ne s’improvise pas.